09.10.2018

Le Selle Français en vogue à Lanaken à l'occasion des Championnats du Monde Jeunes Chevaux de CSO

Au total, non moins de quarante-huit Selle français se sont élancés à l’occasion de l’annuel championnat du monde des Jeunes Chevaux, à Lanaken, dans les installations de la famille Melchior. 

En effet, l’élevage français était bien représenté puisque les Selle Français étaient au nombre de quinze dans les 5 ans et dans les 7 ans et ils étaient dix-huit dans les 6 ans.

Trois de ces ambassadeurs tricolores ont particulièrement brillé en menant les couleurs de la France dans le haut du classement à l’occasion des Consolantes réservées aux chevaux de 6 et 7 ans. 

Pour ce qui concerne la Petite Finale des 7 ans, Bayla de la Roque et Robinson Maupiler sont montés sur la deuxième marche du podium alors que Bellini Dufaure de L a décroché la quatrième place aux commandes de Quentin Marion. 

La première, née chez la famille Hécart au Haras de la Roque dans le Calvados, est une fille de Palestro II et d’une mère par I love you. Débutée par Grégoire Lebon, l’alezane était ensuite passée sous la selle de David Jobertie, en poste au Haras de la Roque, avant de rejoindre en juillet la selle du Normand Robinson Maupiler exporté en Belgique et installé dans les écuries de Karel Kox. 

Le second est un fils du performer Mylord Carthago et petit-fils  de Dollar de la Pierre. Le bai né chez Guilhem de Lajarte, qui en est toujours propriétaire, a réalisé l’intégralité de sa carrière sous la selle de son actuel cavalier avec lequel il a fait ses armes sur le circuit du Cycle Classique. 

Canabis d’Albain fait briller le Selle Français

La palme d’or du représentant bleu doit être remise à Canabis d’Albain, vainqueur de la Consolante des chevaux de 6 ans et de la deuxième qualificative (cf photo d'article). Ce mâle aux origines incroyables, fils de Baloubet du Rouet et petit-fils de Kannan, est présenté depuis toujours par Alexis Bouillot, également naisseur et propriétaire. Le puissant alezan conclut donc une année très performante sur le Cycle Classique 6 ans notamment avec de nombreuses victoires. L’an passé le couple s’était déjà rendu à Lanaken après avoir remporté le titre de vice-champion de France des chevaux de 5 ans. 

Son cavalier, naisseur et propriétaire Alexis Bouillot revient sur le championnat du monde :

« À Lanaken, nous avons fait 4 points à cause d’une erreur de débutant : nous ne sommes pas arrivés assez tôt sur le concours et donc Canabis n’a eu qu’une seule journée pour se reposer de ses douze heures de transport. Il était vraiment fatigué sur le parcours. Le lendemain, comme nous n’avions plus rien à perdre j’ai décidé de jouer le chronomètre et nous nous sommes imposés. Lors de la Consolante il a répété un très bon parcours et nous avons été très vite car nous gagnons avec une demie seconde d’avance sur le deuxième ! »

Alexis Bouillot peut se satisfaire d’avoir former son crack avec patience.

« Dès qu’on a commencé à le faire sauter il a montré un véritable respect et une intelligence de la barre. Il ne sautait pas toujours dans un style académique car il se perchait un peu. Lors des premiers concours il ne prenait pas trop le temps de sauter car craignait de toucher les barres et donc il se dépêchait. Il a fallu le travailler énormément sur des petits obstacles pour qu’il dédramatise les choses. À cinq ans il a fait 100% de sans-faute sur le Cycle Classique, 19 parcours parfaits sur 19 sorties. C’était le seul en France ! Je l’avais alors emmené à Lanaken pour sauter le championnat du monde des chevaux de 5 ans et j’ai découvert qu’il fallait aller très vite pour être dans les classements. L’année dernière la prise de risques m’avait faite faire 4 points car il n’était pas habitué à ce rythme là. Cette année j’ai donc joué le chronomètre pour qu’il apprenne et se forme pour la suite. Il a gagné plusieurs épreuves de 6 ans, a fait deux fois quatre points dans la saison à cause des risques pris mais c’était un choix pour la suite. »

Alexis a pris des risques pour donner naissance à un vrai cheval de sport performant choisissant de faire un croisement pas commun de deux étalons réputés, Baloubet du Rouet et Kannan.

« J’ai fait ce croisement car il me semblait parfait pour donner naissance à un cheval performant. Baloubet était un vrai crack et a beaucoup de produits qui concourent au plus haut niveau. Il était boudé en France car il fait des chevaux un peu banals physiquement mais je préfère la qualité à la beauté ! C’est un croisement que personne n’ose vraiment faire car Baloubet et Kannan sont réputés pour faire des chevaux qui ne sont pas très beaux ! Canabis est typé sport, il est très moderne parce qu’il a un physique assez léger comme ce qu’on recherche dans les chevaux de sport actuellement. »

Pour ce qui est de la suite, après un peu de repos, Canabis d’Albain reprendra la route des compétitions afin de décrocher son sésame pour les 7 ans. 

« Pour l’heure il va se reposer et ensuite nous voudrions le qualifier pour les 7 ans l’an prochain et essayer d’obtenir une nouvelle sélection pour Lanaken. Parallèlement j’aimerais qu’il débute en CSI. Pour l’instant il n’est pas à vendre, nous commercialisons les saillies et le faisons vieillir un peu ».

Sur le même sujet