08.09.2019

Fontainebleau 2019 : Dadja de Moricerie empoche la victoire des 6 ans mâles et hongres Selle Français et Anglo-Arabe

Cinq chevaux sont repartis de Fontainebleau forts d’une mention Élite ; la victoire finale a elle été attribuée à l’agile Dadja de Moricerie sous la selle de la performante cavalière bretonne, Margaux Rocuet. 

Arrivé dans les écuries Rocuet il y a quatre petits mois seulement, le fils d’Arko avait, avant la Finale, réalisé treize parcours parfaits sur dix-huit sorties dont deux lors du CIR de Saint-Lô et partait ainsi avec 1 point de bonification CIR et 1,5 point de bonification régularité. Et cet avantage, le petit fils d’In Chala A ne l’a pas gâché puisqu’il a enchainé avec aisance et souplesse les parcours sans-faute. Le très compact Selle Français né à l’élevage de la Chenée, chez Sylvie Herdt, dans la Manche, a survolé les difficultés aux rênes de sa cavalière, la jeune Margaux Rocuet, fille du propriétaire, Bruno Rocuet.


DADJA DE MORICERIE & Margaux Rocuet 

Si elle n’en est aujourd’hui plus propriétaire, la naisseuse l’a néanmoins suivi d’un œil attentif : « À Fontainebleau, j’ai trouvé Dadja vraiment très bien », commente Sylvie Herdt. « Lors de la première manche de la finale, il semblait un peu émoussé et moins joueur, mais finalement lors de l’ultime parcours il a été super et Margaux l’a magnifiquement bien monté, avec beaucoup de sang froid et d’intelligence. Avant qu’il ne soit vendu à Bruno Rocuet en mai, Dadja avait été monté par François Grillard à 4 ans qui, comme le cheval était petit, m’avait conseillé de l’envoyer chez la cavalière Tamsin Moorfoot. Cette dernière venait tout juste de quitter la Normandie pour rejoindre la région bordelaise. Elle l’a donc sorti et qualifié à 5 ans, mais nous ne lui avons pas fait faire la Finale. Cette année, Tamsin l’a monté jusqu’au mois de mai, ce qui prouve la qualité et l’efficacité de son travail car si celui-ci avait été mauvais, Dadja n’aurait pu réaliser une telle performance seulement quatre mois plus tard. À quatre ans, il n’est pas beaucoup sorti, mais il faisait preuve d’énormément de force et de sang à tel point que, pour la première fois de sa vie, François Grillard a dû monter en bride un quatre ans. Dadja est très sensible et il est infatiguable ! C’est aussi sans doute la raison pour laquelle il a si bien tenu la distance du championnat, continuant à s’amuser avec plein d’énergie jusqu’à la dernière manche », poursuit l’éleveuse normande. 



DADJA DE MORICERIE & Margaux Rocuet 

Remarquable de volonté et de respect, le mâle bai a toujours montré de véritables qualités tant physiques qu’à l’obstacle : « Poulain, Dadja était déjà très beau et harmonieux. Il m’était demandé lors des concours de foals, mais c’est un cheval plein de charme et très attachant donc je voulais le garder un peu. C’est une histoire qui me fait plaisir car c’est vraiment un pur produit de mon élevage étant donné que j’ai fait naitre la mère et la grand-mère. J’ai toujours adoré Arko. Jusqu’à cette année-là j’avais eu beaucoup de Diamant de Semilly avec Hadja de Moricerie, la mère, puis Arko est arrivé chez Richard Levallois et je pensais que ça pourrait fonctionner. J’en ai donc profité pour faire un transfert avec ma jument qui vieillissait. J’ai d’ailleurs fait à nouveau un transfert l’année suivante et ai eu le propre frère de Dadja, Eric de la Chenée. Pour la petite histoire, notre réel affixe est « de la Chenée », dans la Manche. Mais, il y a quelques années, nous avons déménagé dans une propriété appelée La Moricerie. Comme une idiote, lors de la première saison de poulinage là-bas, j’ai changé mon affixe ce qui fait que la mère s’appelle Hadja de Moricerie. Nous avions rechangé par la suite mais, étant tête en l’air et ayant choisi un nom de poulain très similaire à celui de la mère, lorsque j’ai fait la déclaration je me suis mélangée les pinceaux et l’ai déclaré en tant que Dadja de Moricerie. C’est bête car avec ses résultats j’aurais bien aimé qu’il porte le nom de notre élevage, mais peut-être finalement qu’il n’aurait alors pas gagné », s’esclaffe la naisseuse. 

Revivez en images la performance du champion : 

DAGON DES BALEINES ET DUBAI DE SOIE,
DEUX VICE-CHAMPIONS

La deuxième position a été partagée entre Dagon des Baleines monté par Mathieu Lambert et Dubai de Soie sous la selle de Christophe Grangier. 

Le premier, le puissant gris DAGON DES BALEINES a survolé la compétition sur le Grand Parquet. Arrivé avec 0,5 point de bonification CIR et 2 points de bonification régularité, le Selle Français né à l’Ecurie des Baleines, dans la Meuse, a dû s’avouer vaincu pour une faute lors de la deuxième qualificative du championnat. Il s’adjuge néanmoins une belle médaille d’argent qui couronne une saison performante et lui offre une nouvelle mention Élite. « À Fontainebleau, je l’ai trouvé vraiment bien sur une finale assez sélective, même si le terrain manquait un peu de frappe », conte admiratif Xavier Prunaux, gérant de l’Ecurie des Baleines, naisseur et propriétaire du gris.  « Nous sommes quoiqu’il arrive des amoureux de Fontainebleau et espérons vraiment que la Grande Semaine restera au Grand Parquet. Il a à nouveau montré qu’il était surpuissant ! Il avait déjà à 2 ans la qualité de saut dont il dispose aujourd’hui. Il avait d’ailleurs à cet âge obtenu 16,88 à l’atelier saut en liberté et 18 pour les moyens lorsque nous l’avions présenté à l’approbation où il a fait partie des 7 approuvés. Comme nous étions sûrs de lui nous l’avons représenté à 3 ans, alors que nous n’avions pas besoin et il a à nouveau été approuvé. À 4 ans il est Élite et cinquième du championnat de France, deuxième du CIR de Compiègne et champion indoor des 4 ans à Equita Lyon en remportant les deux manches. À 5 ans il était à nouveau Élite en terminant quatrième de la Finale à Fontainebleau et troisième du CIR de Compiègne. Il n’a jamais rien raté… ».  



DAGON DES BALEINES & Mathieu Lambert 

Né d’un croisement réfléchi entre Ugoback des Baleines et Quintera Alia Z, par Quaprice Z, afin de rassembler le maximum des meilleurs courants de sang européens, Dagon a toujours été à part : « J’ai choisi d’utiliser Ugoback des Baleines car il s’agissait de notre étalon. L’an passé il est meilleur père des 4 ans, il y a deux ans meilleur père des 5 ans. La jument produisait très bien donc je pensais que ça fonctionnerait. Ugoback reproduisait très bien et ce quelles que soient les juments que nous lui mettions. Si on regarde la génétique de Dagon, il rassemble tous les meilleurs courants de sangs européens. En effet Ugoback est un fils de Diamant de Semilly et petit-fils de Heartbreaker alors que la mère est une fille de Quaprice Z et regroupe de très bonnes origines KWPN. Poulain, Dagon était hors normes. Nous avions mis sur internet quelques photos et nous avions déjà énormément de demandes. Il sortait vraiment du lot physiquement car nous voyions déjà qu’il était puissant et bien équilibré, mais aussi car il avait une très bonne locomotion et une attitude étalon avec énormément de charisme et de présence. Dans le caractère il avait beaucoup de sang mais était très intelligent et très facile », se souvient l’éleveur. 

Si l’avenir sportif de l’étalon Selle Français semble bien se dessiner, en tant que père, de beaux jours sont également à venir. « Nous voulons le garder autant que faire se peut et le former aussi bien que possible pour le futur. Nous voulons qu’il fasse les 7 ans, quelques CSI et peut-être une tournée à Vilamoura, au Portugal. En parallèle nous vendons des saillies. Ses premiers poulains ont deux ans et sont très marqués. Ils sont vraiment à son image avec beaucoup de locomotion, de force, de respect et de trajectoire. Nous les avons fait sauter un peu en liberté récemment et il les clone vraiment », s’enthousiasme Xavier Prunaux.  

DUBAI DE SOIE, MODERNE ET LEGER ATHLETE

Le second à se couvrir d’argent est DUBAI DE SOIE présenté pour l’occasion par Christophe Grangier. Arrivé à Fontainebleau avec 1 point de bonification CIR et 1,5 point de bonification régularité, le fils du puissant Quaoukoura du Ty et de P Danseuse de la Tour, elle-même fille de Heartbreaker, a confirmé son potentiel réalisant l’un des seuls trois doubles sans-faute de la finale. Avec une faute lors de la deuxième qualificative il a néanmoins dû se contenter du titre de vice-champion. « C’était la première fois sur l’herbe pour Dubai donc j’étais un peu inquiet de savoir comment il allait réagir, mais finalement sur le premier tour il s’est laissé piéger car il n’a pas réalisé qu’il devait donner un peu plus de poussée sur un terrain en herbe que sur du sable, mais dès le deuxième parcours, il semblait avoir trouvé ses marques et a donné ce qu’il fallait », explique Stéphane Saunier, naisseur et propriétaire. 



DUBAI DE SOIE & Christophe Grangier

Depuis ses débuts comme cheval de sport, le tonique bai a séduit son naisseur. Qui plus est, en plus de ses qualités de sauteur, le Selle Français présente un vrai mental que rien ne peut perturber. « Poulain, Dubai était déjà compact et dans le sang avec pas mal de propulsion et un petit caractère affirmé. Depuis, il s’est assagi mais peut rester assez joueur. Il a toujours été assez prometteur. Sur les barres, il a tout de suite montré du respect ce qui fait qu’à quatre ans il a réalisé 100% de sans-faute avec Gaspard Taverne, mais malheureusement il a eu une bronchite donc n’a pas pu participer à la finale. À cinq ans, je l’avais mis chez Pénélope Leprevost car elle aimait bien le cheval et c’est donc son cavalier, Régis Bouguennec, qui l’a monté et avec qui ça s’est très bien passé, mais il s’est malheureusement blessé après cinq sorties. Cette année, je l’avais confié à Alban Notteau avec lequel il a enchainé les sans-faute. Notre collaboration a pris fin mi-juillet donc je l’ai ramené à Régis qui a réalisé un double sans-faute lors du à CIR à Saint-Lô. Régis n’étant malheureusement pas disponible pour se rendre à Fontainebleau, j’ai demandé à Christophe Grangier de le monter pour l’occasion. Cela s’est très bien passé entre eux deux. »

Le moderne mâle tentera désormais de briller à l’international à l’occasion des championnats du monde de Lanaken, dans une semaine. « Comme il a bien réussi à Fontainebleau j’ai demandé à ce qu’il soit rattrapé pour le championnat du monde mais, malheureusement, Christophe Grangier n’était pas disponible donc ce sera François-Xavier Boudant qui le montera pour cette échéance. S’il n’est pas vendu après cela, il ira faire les 7 ans chez Edward Levy », explique le gérant de l’Elevage de Soie, dans l’Orne. 

DJAGGER SEMILLY ET DOLLAR DU ROUET S’OCTROIENT LA MENTION ÉLITE

En plus de ceux précédemment cités, deux autres chevaux se sont adjugé la mention Élite. Le premier est DJAGGER SEMILLY, quatrième sous la selle de d’Olivier Martin. Né chez Richard Levallois, le mâle bai fils de Diamant de Semilly et La Mare, elle fille d’Apache d’Adriers, n’a pas effleuré une barre des deux qualificatives mais a malheureusement commis une faute en finale l’écartant du podium. Il repart néanmoins avec une mention Élite, de quoi satisfaire son naisseur et propriétaire. 

Enfin, la dernière mention Élite a été attribuée à DOLLAR DU ROUET. Né chez Yannick Fardin, à qui il appartient toujours, le fils de Chacco Blue et Souche du Rouet, elle par Quaprice Bois Margot, était présenté à Fontainebleau par Gilles Botton. Le mâle bai brun a réalisé l’exploit de signer deux parcours parfaits en finale mais une barre lors de la première qualificative et un point de temps dépassé en seconde ne lui ont permis d’obtenir qu’une cinquième place avec toutefois une belle mention Élite. 

 

Retrouvez ci-dessous l'ensemble des résultats du Cycle Classique de la Grande Semaine de Fontainebleau : 

Résultats Cycle Classique 

 

 

 

 

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